Tournois Etrangers (9)

Les héros de Hilversum : Martin, Ruby et Roel

Écrit par jeudi, 29 décembre 2016 13:54

Le mardi 27 décembre 2016 à Hilversum (Pays-Bas) s'est déroulée la 15ème édition des Championnats du Monde WUTTO de Hardbat avec raquettes standard (même modèle pour tout le monde).

Les grands gagnants ont été Martin Groenewold, Ruby Tangerman et Roel Bogie.
Martin a été champion pour la deuxième fois, après un 1er titre en 2008. Il est le successeur du triple champion Chris Doran.
Ruby a détrôné Annemarie Zijnstra (3 fois Championne), après avoir déjà remporté le titre du Dutch Open.
Roel a remporté deux titres : l'un en double, associé à Boris de Vries, et l'autre en simple garçons de moins de 18 ans. Le jeune talent de Nimègue a toutes les qualités pour devenir un grand joueur de hardbat.

Quelques détails

Il y avait des joueurs de Belgique, d'Allemagne, d'Angleterre, de Finlande, de Suède et des Pays-Bas, ces derniers étant les plus nombreux.
Le plus jeune vainqueur n'avait que 14 ans : Jasper van der Loo, qui a remporté la série Classe C.
L'Anglais Carl Breindel, âgé seulement de 16 ans (!), était qualifié pour la classe Super. Là, opposé à Reginald Kraaijenbrink, le leader du classement WUTTO, Breindel a failli remporter la partie, ne s'inclinant que sur le score de  11-9 dans la manche décisive.

Un événement à signaler a été l'abandon du vétéran d'Hilversum Johan Koudijs, qui participait à la série Classe E. Il a été forcé de se retirer en raison d'un problème cardiaque. Grâce à la réaction des personnes présentes Johan a pu être soigné rapidement et de manière appropriée. Il a été transporté par ambulance à l'hôpital et a pu bénéficier presque immédiatement d'une angioplastie. Johan a rapidement récupéré, et il est depuis rentré chez lui. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement et espérons qu'il pourra bientôt rejouer au tennis de table dans le groupe des vétérans du TTV Hilversum et qui sait, plus tard participer à un tournoi WUTTO.

Des titres de Champions du Monde dans toutes les séries

Pour la 1ère fois des titres de Champions du Monde ont été décernés dans toutes les séries de classement et gravés sur les médailles d'or. Cela fait une belle décoration dans le salon, une médaille avec les termes "Champion du monde" gravés dessus. Sourire

Hilversum 2016
Le podium de la série Super : de gauche à droite, Reginald Kraaijenbrink (3ème), Martin Groenevold (1er)
et Michel Hinricher (2ème)

Hilversum 2016 Dames 2
Le podium de la série Dames : de droite à gauche, Marleen Visser (3ème), Ruby Tangerman (1ère)
et Annemarie Zijnstra (2ème)

Hilversum 2016 Jeunes
Le podium Jeunes : de gauche à droite, Thijs Beentjes (2ème), Roel Bogie (1er) et Sam Wilson (3ème)

(Article écrit par Ted Van der Meer, traduit du néerlandais. Article original visible ici, avec tous les podiums et les photos des podiums.)

l'US Open de tennis de table vient de se dérouler du 14 au 17 décembre 2016. Comme chaque année, l'organisation proposait plusieurs séries en hardbat, dont les séries "Hardbat RR", mixte, et "Women's Hardbat RR", réservée aux Dames (RR pour "Round Robin" ou "tournoi à la ronde" désignant un tournoi comportant au moins un 1er tour par poules). Ces 2 séries décernent les titres de vainqueurs de l'US Open en hardbat.

Dans la série mixte, plusieurs anciens vainqueurs de l'US Open ou des Championnats des Etats-Unis de hardbat : A.J Carney, Chu Bin Hai, Carlos Ko, et le comédien Adoni Maropis, connu entre autres pour son rôle de Abu Fayed dans la série "24 heures chrono". Pas de surprise à l'issue du 1er tour, qui voient les têtes de série de poules se qualifier pour le tableau final, Sharon Alguetti venant rejoindre les 4 joueurs cités ci-dessus. Après un match de barrage qui voyait la victoire de Carlos Ko sur Adoni Maropis, Sharon Alguetti et A.J Carney sortaient vainqueurs des 1/2 finales, et c'est A.J Carney qui remportait finalement le titre, devenant ainsi le 6ème joueur à faire le doublé Championnats des Etats-Unis/US Open la même année. Il remportait également la série Sandpaper et perdait en finale contre Kenneth Pinili dans la série Liha Sandpaper, une variante philippine du sandpaper avec des règles spécifiques.

Carney 2
A.J Carney (source)

Dans la série Dames, seules 7 joueuses étaient inscrites, dont la Championne des Etats-Unis de hardbat en titre Patty Martinez-Wassermann, et la jeune espoir new-yorkaise de 14 ans Estee Ackerman. C'est finalement cette dernière qui remportait le titre face à son aînée, empêchant celle-ci de faire le doublé.

Ackerman
Estee Ackerman (source)

Comme tous les ans depuis 1997, l'USA TT (la Fédération Américaine de Tennis de Table) proposait, lors de ses Championnats Nationaux, des séries Hardbat, dont les séries Open Messieurs et Dames qui décernent les titres officiels de Champions des USA de Hardbat. Peu de participants cette année dans ces 2 séries (14 chez les Messieurs, et 3 seulement chez les Dames...), mais quelques participants de bon niveau chez les Messieurs, comme Chu Bin Hai, tenant du titre, l'acteur de "24 heures Chrono" Adoni Maropis, vainqueur en 2011, Ty Hoff, vainqueur en 1998 et 1999, ou A.J. Carney et Jeff Johnston, respectivement N° 8 et 9 du Classement Hardbat Américain.

Après un premier tour par poules, 3 des 4 premières têtes de série, à savoir Chu Bin Hai, A.J. Carney et Jeff Johnston gagnaient chacune leur poule, et se trouvaient donc qualifiées pour les 1/2 finales, accompagnées de Mark Conti.

Dans le tableau final, Chu Bin Hai gagnait le droit de défendre son titre en battant facilement Jeff Johnston 3/0, alors que de son côté, A.J Carney battait lui aussi facilement Mick Conti en 3 manches également.

La finale était beaucoup plus disputée, et A.J. Carney créait la surprise en battant en 5 manches le tenant du titre Chu Bin Hai. Il devenait ainsi le nouveau Champion des USA de Hardbat. Il remportait également le titre de Champion des USA de Sandpaper en battant à nouveau Chu Bin Hai en finale 3/1.

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A.J. Carney

Du côté des Dames, Patty Martinez-Simons remportait facilement le titre en gagnant les 2 parties de sa poule unique 2/0 contre Diann Darnall et Jane Parrish. Elle était aussi sacrée Championne des USA de Hardbat en Dames de plus de 40 ans, et en Doubles associée à Dan Seemiller.

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Patty Martinez

Les autres résultats (Hardbat et autres) sont visibles ici.

Nouvelle victoire anglaise à Hilversum (PB)

Écrit par lundi, 28 décembre 2015 23:17

Cela fait plusieurs années maintenant que l'association néerlandaise de hardbat WUTTO propose son fameux Hilversum Open, considéré comme le Championnat du monde de Hardbat dans la formule "Même modèle de raquette pour tous". Son fait de gloire est d'avoir eu parmi ses participants en 2010 Jan-Ove Waldner, grand joueur qu'on ne présente plus, et c'est cette année-là qu'il eu le plus de participants (116). Avec 100 joueurs cette année, 2015 se situe dans les pus grosses participations à ce tournoi.

Comme chaque année, l'organisation proposait plusieurs séries par classements, une série par équipes de 2 joueurs, une série Jeunes, et bien sûr les 2 séries WK (Championnats du Monde) Messieurs et Dames.

Chez les Dames, sur les 10 participantes, on attendait une finale entre Annemarie Zinjstra et Ruby Tangerman, et c'est donc sans surprise que l'on retrouvait ces 2 joueuses pour se disputer le titre. Après un premier set remporté par Ruby, Annemarie revenait à une manche partout, et prenait même l'avantage en gagnant le troisième set. Ruby revenait cependant à égalité (11/8 dans la quatrième manche), et c'est au terme d'une belle très disputée (13/11) qu'Annemarie Zinjstra remportait cette finale. Mandy Jager, quant à elle, remportait le match de classement pour la 3ème place contre Sonja Schenk.

Annemarie Zijnstra
Annemarie Zijnstra (Hiversum 2014, source : Facebook)

 Chez les Messieurs, parmi les 54 joueurs inscrits, plusieurs pouvaient prétendre au titre : l'Anglais Chris Doran, vainqueur des 2 précédentes éditions, son compatriote Andrew Rushton, 1/2 finaliste au World Championship of Ping Pong, le Nigérian Kazeem Adeleke, déjà 2 fois vainqueur à Hilversum, l'Allemand Michael-Stefan Keller, les Néerlandais Marty Hendriksen (vainqueur en 2010 après avoir éliminé Jan-Ove Waldner en 1/2 finale), Arnoud Meijer (plusieurs fois finaliste et 1/2 finaliste) et Reginald "The Viking" Kraaijenbrink (déjà 1/2 finaliste dans de précédentes éditions), ainsi que le Français Yohan Lecomte, vainqueur du dernier Tournoi des Culs Salés de Guérande. Tous ces joueurs se retrouvaient d'ailleurs en 1/4 de finale, sauf Reginald Kraaijenbrink, éliminé au tour précedent par Arnoud Meijer.

Dans la première partie du tableau final, Chris Doran se qualifiait facilement pour la finale sans perdre un seul set de la journée, en éliminant notamment Marty Hendriksen en 1/2 finale, lui-même vainqueur du dernier joueur allemand en lice, Michael-Stefan Keller. Dans l'autre partie du tableau, c'est l'autre joueur anglais Andrew Rushton qui arrivait en finale, en éliminant Arnoud Meijer, le tombeur du "Viking", en 1/4 de finale, et Kazeem Adeleke en 1/2 finale, ce dernier étant le vainqueur de Yohan Lecomte en 1/4 de finale. Le titre serait donc une fois de plus anglais, la seule interrogation étant de se demander si Chris Doran arriverait à garder son titre face à un ancien membre de l'équipe d'Angleterre de tennis de table.

Après un départ à l'avantage de Doran (3/1), Rushton revenait au score pour se détacher en marquant 4 points de suite (5/3). Doran revenait lui aussi à égalité (5/5), puis se détachait à 8/5. Après un retour de Rushton à 8/8, commençait alors un chassé-croisé qui allait amener chaque joueur à avoir des balles de set, et à ce petit jeu c'est finalement Andrew Rushton qui remportait cette première manche 14/12.

Dans la deuxième manche, Chris Doran prenait rapidement l'avantage, et remportait facilement ce set 11/4. Il confirmait d'ailleurs plus difficilement dans la troisième manche (12/10), puis dans la quatrième (11/6, la partie se déroulant au meilleur des 7 manches).

Dans la cinquième manche, Doran se détachait rapidement pour creuser l'écart (5/2, 7/3) et semblait bien parti pour conserver son titre. Malgré un retour de Rushton à 7/6, et même à 8/8, il se procurait 2 balles de match à 10/8. Mais c'était sans compter sur le caractère combattif de Rushton, qui après avoir sauvé ces 2 balles de match, puis une troisième à 11/12 avec un magnifique réflexe sur une attaque de Doran, remportait la manche 14/12, redonnant ainsi un nouvel intérêt à cette finale.

Dans la sixième manche, après un début serré, Doran se détachait à nouveau (7/4, puis 9/7), et obtenait à nouveau 2 balles de match à 10/8. Mais une fois de plus, Rushton gérait mieux cette fin de manche, sauvait ces 2 balles et finissait par l'emporter 13/11. On allait donc assister à une belle, où l'on verrait sans doute assez vite si Doran arriverait à avoir suffisamment de mental pour oublier ces 5 balles de match manquées.

Et on allait rapidement le savoir, puisque Doran, grâce sans doute à sa plus grande expérience du hardbat, serrait fortement le jeu et se détachait très vite (4/0, temps mort de Rushton, puis 5/0, 6/0, 7/0, 8/0, 9/0). Rushton arrivait enfin à marquer ce qui serait son unique point dans ce dernier set, et Chris Doran l'emportait donc 11/1 et devenait pour la troisième année consécutive Champion du monde WUTTO de hardbat. Il remportait également comme l'année dernière la série par équipes de 2 joueurs, associé au finaliste Andrew Rushton. C'est Marty Hendriksen qui montait sur le troisième marche du podium Messieurs, en battant Kazeem Adeleke dans la "petite finale".

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Chris Doran au WCPP (source)

Medailles Hilversum 2015
Une partie des médaillés de la journée (source : Facebook)

Résultats de l'US Open 2015

Écrit par jeudi, 16 juillet 2015 03:40

Comme chaque année depuis 1998, et avec plusieurs interruptions depuis 1977, les organisateurs de l'US Open de tennis de table proposaient plusieurs séries Hardbat, dont la série principale, Hardbat RR (pour Round Robin, formule Open avec 1er tour par poules puis tableau à élimination directe). 23 joueurs s'étaient inscrits à cette série, mais 16 seulement étaient réellement présents. Parmi eux, plusieurs prétendants au titre, dont le comédien américain Adoni Maropis, vainqueur en 2013, le joueur polonais Filip Szymanski (N° 242 ITTF), Johnard Baldonado, Champion des États-Unis 2010 de Hardbat, et le tenant du titre Jimmy Butler, également Champion des États-Unis en titre de tennis de table, N° 1 du Classement Hardbat Américain, grand favori de la compétition.

A l'issue des poules, on notait 2 surprises, avec l'élimination de Filip Szymanski (tête de série N° 2) par le vétéran spécialiste du hardbat Jay Turberville,et celle d'Adoni Maropis par Chance Friend, N° 16 du Classement Hardbat Américain.

En finale du tableau, on retrouvait comme on pouvait le prévoir la tête de série N° 1 Jimmy Butler, opposé à la tête de série N° 4 Chu Bin Hai. Après une victoire assez facile de Jimmy Butler dans la 1ère manche (21/12), son adversaire remportait la 2ème manche (21/18) revenant ainsi à une manche partout. Mais Jimmy Butler remportait les 2 manches suivantes (21/15, 21/08) et confirmait donc son titre acquis l'année dernière.

Jimmy Butler avait déjà remporté la série Hardbat RR de l'US Open en 2002, mais il avait dû interrompre sa carrière en 2003 pour raisons de santé. Il est de retour depuis 2 ans et a réussi à remporter le titre de Champion des Etats-Unis de tennis de table l'année dernière, à 44 ans, 21 ans (!) après son dernier titre (qu'il a remporté 4 fois au total).

Dans la série Open Sandpaper RR, 11 joueurs étaient présents sur les 13 inscrits, Jimmy Butler ayant notamment renoncé à y participer. C'est le finaliste de la série Hardbat RR, Chu Bin Hai, qui remportait la finale en battant le spécialiste d'origine philippine Johnard Baldonado (-12,19,-21,15,15).

Une particularité de l'US Open est de proposer également une série « Liha », une variante du sandpaper très populaire aux Philippines et qui se joue avec des règles spécifiques (voir ici, en anglais). Parmi les 13 participants, on notait la présence d'Adoni Maropis, de Johnard Baldonado et de Chu Bin Hai, ainsi que celle du spécialiste philippin Louie Pineda. C'est d'ailleurs ce dernier qui remportait la finale face à son compatriote Johnard Baldonado (-15, 14, 06).

A noter la présence dans les séries Sandpaper et Liha d'un joueur français, Florian Mielle, classé 19, licencié au CS Pertuisien.

Les résultats des autres séries (« mousse », hardbat et sandpaper) sont disponibles ici.

Namur : les Belges maîtres chez eux

Écrit par dimanche, 17 mai 2015 21:53

Dans le cadre du WUTTO Hardbat Tour, le club de Champ d'en Haut Namur organisait le samedi 16 mai dernier son 1er tournoi de hardbat, selon les règles de l'association néerlandaise : même modèle de raquette pour tout le monde, 1er tour en poules, puis tableau final. 36 joueurs avaient fait le déplacement, dont 5 français et un allemand, donnant à ce tournoi un vrai caractère international. Le niveau était relevé, puisqu'on notait la présence de pas moins de 5 joueurs du Top 10 belge, du joueur allemand Michael-Stefan Keller, ainsi que celle du N° 11 français Romain Bontemps.

Après les poules, la logique était respectée concernant les têtes de série du tournoi, puisque chacune d'elle finissait 1ère de sa poule. La première grosse surprise venait d'Alexis Maeck, non classé en hardbat, mais classé B2 belge en "mousse" (classement équivalent à N° 500 à 1000 en France), qui éliminait Mickael-Stefan Keller en 1/8 de finale. Après une 2ème place en poule, celui-ci semblait monter en puissance tout au long du tournoi, puisqu'il battait ensuite Fabian Bonte en 1/4 de finale et Romain Bontemps en 1/2 finale. Dans l'autre partie du tableau, c'est Julien Génart qui se hissait en finale, en éliminant successivement Quentin Berthe en 1/4 de finale et Arnaud Veyt en 1/2 finale.

Dans la finale, après un départ tonitruant de Julien Génart, Alexis Maeck revenait au score pour faire jeu égal avec son adversaire, celui-ci ne remportant la 1ère manche qu'aux avantages (22/20). Même schéma dans la 2ème manche, où l'on voyait Julien Génart prendre rapidement le lerge, puis son adversaire revenir au score pour ne s'incliner que 21/19. Nouveau chassé croisé dans la 3ème manche, mais qui tournait cette fois-ci à l'avantage d'Alexis Maeck, qui l'emportait 21/18. Dans la 4ème manche, après un début équilibré, Alexis Maeck prenait le large pour mener 12/8, mais son adversaire très motivé revenait alors au score pour rééquilibrer les choses. Il prenait ensuite la tête pour ne plus la rendre, et s'imposait 21/17 dans la 4ème manche, remportant ainsi le tournoi au terme d'une finale de toute beauté, tant en terme de niveau de jeu qu'en terme d'intensité.


Julien Génart au moment de sa victoire

WCPP 2015 : la chute de l'Empereur

Écrit par lundi, 09 février 2015 18:15
Après la première édition organisée à Las Vegas en 2012, et les deux suivantes à Londres, c'est à nouveau dans la capitale anglaise qu'avait lieu cette année le World Championship of Ping Pong, ce grand tournoi international qui réunit chaque année les meilleurs joueurs de sandpaper de la planète. 64 participants issus de tournois de qualification allaient donc s'affronter durant le dernier week-end de janvier dans ce magnifique endroit qu'est Alexandra Palace, avec à la clé un chèque de $20000 pour le vainqueur ($100000 de dotation totale).


La table N° 1 et ses gradins

Après avoir remporté les trois premières éditions, le Russe Maxim Shmyrev était attendu avec beaucoup de curiosité pour savoir s'il arriverait à garder son titre une année de plus. Plusieurs joueurs pouvaient prétendre à sa succession, tels qu'Ilja Lupulesku, finaliste en 2014, le Philippin Richard Gonzales, demi-finaliste en 2014, Lubomir Pistej, le mieux classé au classement ITTF (N° 115), Les Anglais Chris Doran, Andrew Rushton et Andrew Baggaley, ou le fantasque Ecossais Gavin Rumgay.


Maxim Shmyrev

On pouvait aussi s'attendre à des surprises parmi les qualifiés de cette année, car dès les poules, on pouvait se rendre compte de le nette augmentation du niveau général, notamment du côté allemand, avec Alexander Flemming (1/8 de finaliste en 2014), et le sino-allemand Mu Hao, très attendu par ses compatriotes, et qui fit forte impression en remportant facilement ses deux matches.


Alexander Flemming

Mais l'une des curiosités de cette édition 2015 était la présence pour la première fois de 3 joueurs chinois, issus de qualifications qui avaient réuni pas moins de 300 joueurs. On se demandait donc s'ils domineraient le sandpaper comme ils le font déjà pour le tennis de table "mousse". La réponse arriva rapidement : aucun des trois n'arriva à sortir des poules.
Quelques surprises étaient à signaler à l'issue des poules, dont l’élimination de Jonhard Baldonado, l'Américano-philippin pourtant spécialiste du sandpaper, celle de l'autre Américain Jim Butler, Champion en titre des Etats-Unis de tennis de table et bon joueur de hardbat, mais aussi la qualification du jeune Roumain de 14 ans Vlad Farcas, qui, après avoir logiquement perdu contre l'un des favoris Andrew Rushton, arrivait à passer les poules en éliminant successivement le populaire Anglais "Butterfly" Joe Kennedy et le Hongrois Ferenc Turei.


Vlad Farcas

Côté français, Xavier Raynal se qualifiait pour le tableau final en gagnant facilement ses 2 matches, alors que Jérôme Vitel était malheureusement éliminé en n'arrivant à vaincre qu'un seul de ses adversaires.


Xavier Raynal


Le clan français

Dans le tableau final, aucune surprise en 1/16 de finale avec la qualification de tous les favoris, et malheureusement l'élimination de Xavier Raynal contre le solide Nigérian Kazeem Adeleke. L'Allemand Mu Hao quant à lui continuait à faire forte impression en éliminant facilement son compatriote Sebastian Carl.
Les 2 premières surprises de ce tableau final arrivèrent en 1/8 de finale avec l'élimination des deux 1/2 finalistes de 2014 : celle de Richard Gonzales par le surprenant jeune Belge Steve Bovenisty, jusqu'alors inconnu dans le milieu du sandpaper, puis celle d'Ilja Lupulesku par Alexander Flemming, déjà 1/8 de finaliste l'année dernière, et qui prouvait à tout le monde qu'il faudrait compter sur lui cette année. Le jeune Allemand continuait d'ailleurs à surprendre son monde en éliminant ensuite l'Ecossais Gavin Rumgay, tandis que Steve Bovenisty ne pouvait rien face au Slovaque Lubomir Pistej, qui montrait ainsi ses ambitions pour le gain de la couronne.


Steve Bovenisty

Dans les autres 1/4 de finale, Maxim Shmyrev se qualifiait facilement aux dépens de Chris Doran, pourtant impressionnant en 1/8, et Andrew Baggaley intégrait le dernier carré en venant à bout de l'autre Andrew (Rushton), après avoir éliminé Mu Hao au tour précédent. Nous allions donc assister à des 1/2 finales inédites, avec le tenant du titre face au 1/2 finaliste de 2013 Andrew Baggaley, et l'étonnant Allemand Alexander Flemming contre le redoutable Slovaque Lubomir Pistej qui n'avait encore perdu aucun set dans la compétition.


Lubomir Pistej

Dans la première 1/2 finale, comme à son habitude, Maxim Shmyrev ne laissait pas le temps à son adversaire d'installer son jeu, en prenant la balle très tôt et en essayant littéralement de l'asphyxier. Baggaley arrivait à entrer un peu plus dans le jeu en fin de première manche mais s'inclinait 15/8. La deuxième manche était plus équilibrée, mais Shmyrev faisait plus de fautes qu'à son habitude, et l'Anglais remportait le set 15/11. Dans la troisième manche, Baggaley, porté par les nombreux spectateurs, arrivait encore à élever son niveau de jeu, alors que de son côté Shmyrev multipliait les fautes, et malgré les encouragements des supporters russes, il perdait cette belle 15/7. Il ne serait donc pas le vainqueur d'un quatrième titre, et Andrew Baggaley devenait de fait le favori de la finale. Plus tard, Maxim Shmyrev expliquera qu'il avait été gêné par le jeu de son adversaire qui avait la capacité de démarrer fort des deux côtés.
Dans la 2ème 1/2 finale, là aussi le favori de la partie remportait la première manche, mais il était dit que les résultats de ces 1/2 finales ne seraient pas ceux attendus, puisque, au prix d'un engagement physique impressionnant, le jeune Alexander Flemming remportait facilement les 2 manches suivantes 2 fois 15/8.
La finale opposerait donc la tête de série N° 5 de la compétition, Andrew Baggaley, au surprenant Alexander Flemming, 1/8 de finaliste en 2014, et qu'on n'attendait tout de même pas à ce niveau. Et le match commençait plutôt bien pour le favori puisqu'il remportait les deux premiers sets (la finale se déroulant au meilleur des 5 manches). Mais il était dit que le suspense irait jusqu'au bout de cette soirée, puisque, après deux sets de folie où les deux adversaires se rendaient coup pour coup, parfois dans des échanges où l'on avait du mal à croire que leurs raquettes étaient uniquement recouvertes de papier de verre, le joueur allemand revenait à la hauteur de l'Anglais. La dernière manche promettait donc d'être intéressante, et le public présent ne fût pas déçu, car celle-ci fut d'un niveau et d'une intensité incroyables, chaque joueur revenant au score dès que son adversaire prenait un ou deux points d'avance, et ceci jusqu'à 12/12. C'est alors que le joueur anglais arrivait encore à élever son niveau de jeu sur les derniers échanges, et en allant puiser dans ses dernières réserves, il remportait les 3 derniers points, et gagnait ainsi la finale de ce 4ème World Championship of Ping Pong, succédant ainsi au triple vainqueur Maxim Shmyrev.


Andrew Baggaley


Les finalistes

A titre personnel, je retiendrai de ce week-end l'excellente organisation, le niveau de jeu encore plus élevé qu'en 2014, la bonne ambiance dans le clan français, mais aussi entre les supporters des différents pays, la proximité avec les joueurs qui serait impossible dans une compétition ITTF, et une salle pleine le dimanche, avec un public chaud bouillant, mais qui garde un esprit très fair-play et sait applaudir les beaux points, même contre des joueurs britanniques. Nul doute que cette compétition deviendra de plus en plus populaire en Angleterre, et sans doute aussi en dehors de ses frontières.

(Photos : source WCPP)

Victoire française à Nordhorn (Allemagne)

Écrit par dimanche, 11 mai 2014 23:10
Avant 2014, seuls 2 joueurs français avaient participé au Nordhorn Brettchen Open, le plus ancien tournoi de hardbat d'Europe : Jean-Michel Carquin, qui l'emporta lors de sa seule participation en 2008, et votre serviteur, qui peut s’enorgueillir d'une 1/2 finale en Doubles Messieurs. C'est pourquoi cette année, c'est avec une certaine curiosité que l'on allait suivre les résultats de 2 autres Français, les Picards Franck Bousiginière (Doullens-Bernaville) et Yohann Lecomte (Amiens), ce dernier étant tout juste auréolé de sa victoire au 1er Tournoi de Hardbat de Roye (74 participants). Tous deux étaient bien sûr inscrits le samedi en "Klasse I", la série réservée aux spécialistes du hardbat, ainsi qu'en série Doubles de la Klasse I. A noter également une nouveauté dans ce tournoi : une série "Sandpaper" ("Clickball" en allemand) le dimanche, à laquelle participaient également les 2 Français. Avec 54 participants au total sur tout le week-end, c'était cette année la 3ème plus importante participation depuis la création du tournoi, en 2001.

La principale surprise de cette Klasse I fut l'élimination en 1/2 finale du quadruple vainqueur du tournoi Franz-Josef Hürmann (Bönen), avec une défaite sans appel contre Lars Brinkhaus (Lutten). Dans la 2ème 1/2 finale, c'est cette fois-ci sans réelle surprise qu'on retrouvait Yohann Lecomte, opposé à... Franck Bousignière, qui faisait lui aussi un très bon tournoi. La hiérarchie était respectée avec la victoire de Yohann Lecomte. Pour la 2ème fois depuis la création du tournoi, on assisterait donc à une finale franco-germanique.

Et cette finale fut d'un très haut niveau, les joueurs arrivant à la belle après 4 manches très disputées (à Nordhorn, les parties se déroulent au meilleur des 5 manches de 11 points). Dans ce dernier set, Lars Brinkhaus prenait le large et finissait par mener 8/5. On pensait donc à une nouvelle victoire allemande, mais Yohann Lecomte arrivait à renverser la vapeur, et ne laissait plus aucun point à son adversaire, pour remporter cette finale 11/8 à la belle, devenant ainsi le 2ème Français à gagner ce tournoi.

Dans la série Doubles de la Klasse I, la paire française Lecomte/Bousignière arrivait également en finale, mais perdait malheureusement contre les Allemands Franz-Josef Hürmann/Ulrich Watermann (Bexterhagen), déjà trois fois vainqueurs lors d'autres éditions.

Le dimanche voyait une série Sandpaper de haut niveau, avec la participation de certains des meilleurs joueurs néerlandais de hardbat et sandpaper, tels que Reginald "the Viking" Kraaijenbrink (Terborg), Ronald Veijverberg (Rotterdam), Michel Van de Kamp (Nijkerk) et Arnoud Meijer (Hilversum). Là aussi, Yohann Lecomte obtint un bon résultat, ne s'inclinant qu'en 1/2 finale à la belle contre Kraaijenbrink. Dans l'autre 1/2 finale, Meijer éliminait sans surprise son compatriote Vijverberg. C'est donc 2 participants au dernier World Championship of Ping Pong de Londres qui se retrouvaient en finale, et là aussi la logique fut respectée, avec la victoire d'Arnoud Meijer.

Avec une victoire, une finale et une 1/2 finale, Yohann Lecomte devient donc l'un des joueurs dont il faudra maintenant tenir compte sur la scène européenne du hardbat et du sandpaper.

Pour voir les résultats de toutes les séries, cliquez ici.

Pour voir le compte-rendu complet du tournoi (en anglais), cliquez ici.


Les 4 demi-finalistes de la série Sandpaper, de gauche à droite :
Reginald Kraaijenbrink (finaliste), Arnoud Meijer (vainqueur), Yohan Lecomte
et
Michel Van de Kamp (source : Facebook)

WCPP : 3ème titre pour le tsar Maxim 1er

Écrit par samedi, 11 janvier 2014 14:35
Suite à plus d'une vingtaine de tournois qualificatifs organisés dans le Monde, les meilleurs joueurs de sandpaper issus de ces qualifications étaient présents en ce premier week-end de janvier 2014 à l'Alexandra Palace de Londres, pour la 3ème édition du World Championship of Ping Pong, un tournoi doté de $100000 de prix, et retransmis en direct sur Sky Sports. A ces 57 joueurs, se rajoutaient 7 des 8 quarts de finalistes de l'année dernière, le finaliste Sule Olaleye ayant dû déclarer forfait pour cause de blessure. Les joueurs présents étaient de niveaux très divers en raquette "mousse" : plusieurs d'entre eux étaient présents dans le classement ITTF, dont certains dans le Top 300 (Lubomir Pistej, Marc Duran, Andrew Baggaley, Gavin Rumgay, Filip Szymanski...), d'autres l'étaient encore il y a quelques temps (Andrew Rushton, Colum Slevin, Oriol Monzo...), d'autres encore avaient un bon niveau national dans leur pays, d'autres enfin un bon niveau régional, mais tous avaient prouvé qu'ils savaient bien manier la "raquette en bois". Parmi eux, le double vainqueur Maxim Shmyrev, bien décidé cette année à s'imposer à nouveau en finale.

Le principe essentiel de ce tournoi : tout le monde joue avec le même modèle de raquette, avec des revêtements en papier de verre générant très peu d'effet, encore moins qu'un picot court sans mousse. Une sorte de version extrême du hardbat en quelque sorte. Autres règles spécifiques de cette compétition : les parties se jouent en 2 manches gagnantes de 15 points, même sans 2 points d'écart (principe de la "mort subite"), et une fois dans la partie, sur son service, et après avoir marqué au maximum 12 points, chaque joueur a le droit de demander le double point. S'il remporte son service, il marque alors 2 points. Les temps morts ne sont pas autorisés.

Côté français, 4 joueurs s'étaient qualifiés lors du tournoi de Chilly-Mazarin : Cyril Cibiel et Jérôme Vitel, tous deux du TT Courbevoie, respectivement vainqueur et finaliste, ainsi que les 2 demi-finalistes, Jean-Michel Carquin, de Saint Pair-Bricqueville, et Agnès Le Lannic, N° 38 FFTT et évoluant en Pro A à Lys-lez-Lannoy.


Cyril Cibiel


Jérôme Vitel


Agnès Le Lannic


Jean-Michel Carquin

Avec eux, une petite délégation d'accompagnateurs, dont votre serviteur, avait fait le déplacement pour les coacher ou les encourager.

Premier objectif des joueurs français : sortir des poules. Bon départ pour Cyril Cibiel, qui bat facilement son premier adversaire, bien moins bon pour les trois autres, qui perdent chacun leur premier match, Jérôme Vitel étant en plus déstabilisé par le fait que sa poule était retransmise en direct sur Sky Sports.
Tandis que Cyril Cibiel perdait son second match avec les honneurs contre l'un des favoris du tournoi, Lubomir Pistej (N° 170 mondial), les trois autres arrivaient à rester en course en remportant chacun le leur. Il fallait donc que les Français gagnent leur troisième partie pour intégrer le tableau final.
Mission réussie facilement pour Cyril Cibiel (victoire 15/9 15/9 contre l'Allemand Jürgen Leu), plus difficilement pour Jean-Michel Carquin (vainqueur 2/1 du Néerlandais Lars Adema), anormalement tendu pendant tout le déroulement de sa poule. Malheureusement, Agnès Le Lannic, malgré une défense très solide face au Néerlandais Martin Groenevold, et Jérôme Vitel, face à Dmitri Popov, partenaire d'entraînement de Shmyrev, perdaient leur troisième partie, et étaient ainsi éliminés du tournoi. Nous avions donc deux joueurs français qualifiés pour les 1/16 de finale, un résultat plutôt correct, les deux autres étant sortis avec une honorable victoire.

Le soir de ce premier jour de compétition se jouaient les 1/16 de finale. Après une facile victoire de Maxim Shmyrev contre le tombeur d'Agnès Le Lannic, Martin Groenevold, c'était au tour de Cyril Cibiel d'avoir les honneurs de la télévision, face à l'ancien champion autrichien d'origine chinoise Ding Yi, quart de finaliste olympique à Barcelone en 1992. Départ difficile pour Cyril qui se voit rapidement mené dans la première manche, mais il revient peu à peu au score, pour perdre finalement 15/13. Sur la lancée de sa fin de set, il gagne alors la deuxième manche 15/12. A la belle, Cyril Cibiel arrive à garder l'avantage jusqu'à la fin et remporte donc cette troisième manche à nouveau sur le score de 15/12. Il y aura donc au moins un Français en 1/8 de finale !
"At last but not least", comme disent nos amis anglais, c'est Jean-Michel Carquin qui ferme la marche de ce premier tour du tableau final, contre le Russe Vladislav Kutsenko, et sur la table télévisée !  Dès le début de la partie, on voit que Jean-Michel s'est libéré de la pression de la compétition, car il lâche beaucoup mieux ses coups qu'en poule. Le résultat ne se fait pas attendre : il gagne cette première manche 15/12. On s'attend bien sûr à une réaction du Russe, celle-ci arrive dès le début de la seconde manche, où il élève son niveau de jeu et ne donne aucune chance au joueur français qui fait de nombreuses fautes en tentant de suivre le rythme : 15/8 pour Kutsenko. Dans le troisième set, Kutsenko maintient un rythme élevé dans la partie, et malgré quelques beaux points, Jean-Michel Carquin est battu 15/11 et est donc éliminé du tournoi.

Le lendemain, le clan français attend avec impatience le 1/8 de finale de Cyril Cibiel contre rien moins que le tenant du titre, le Russe Maxim Shmyrev. Mais celui-ci doit montrer à tous "who's the boss" ("qui est le patron"), et ne laisse aucune possibilité à Cyril de s'exprimer en ne le laissant marquer que 2 petits points... Dans la deuxième manche, une fois l'écart creusé, Shmyrev lève un peu le pied et laisse Cyril Cibiel jouer un peu, ce dernier arrivant alors à marquer 7 points. Commentaire de Cyril après le match : "Ca allait trop vite, je n'avais même pas le temps de jouer". Autant dire que Shmyrev venait de montrer à tout le monde qu'il faudrait jouer très fort pour arriver à le battre cette année.

Tous les Français étant à présent sortis du tournoi, le clan tricolore pouvait s'intéresser à la suite de la compétition. Dans les 1/8 de finale suivants, le bondissant Ecossais Gavin Rumgay éliminait facilement le champion de hardbat nigérian Kazeem Adeleke. Le Philippin et spécialiste du sandpaper Richard Gonzales sortait sur le plus petit des écarts (15/14 à la belle) le surprenant Allemand Alexander Flemming. Dans un match de très haut niveau, l'Anglais Chris Doran éliminait l'international espagnol Marc Duran, et se positionnait comme l'un des favoris pour la suite de la compétition (il avait atteint les demi-finales l'année dernière). L'Américain d'origine yougoslave Ilja Lupulesku, l'Anglais Andrew Baggaley, le Slovaque Lubomir Pistej et l'Anglais Andrew Rushton se qualifiaient eux aussi et facilement pour les 1/4 de finale.


Gavin Rumgay


Chris Doran


Lubomir Pistej

Le premier 1/4 de finale opposait Maxim Shmyrev à Gavin Rumgay. Malgré une bonne résistance de l'Ecossais, Shmyrev remportait le premier set 15/11 sans trop de difficulté. Sa route vers la 1/2 finale semblait donc toute tracée. Cependant, c'était sans compter sur Rumgay qui arrivait à élever son niveau de jeu pour mettre le Russe en difficulté, et il remportait la deuxième manche 15/12. Mais il était dit que la logique serait respectée, et à la belle, Rumgay n'arrivait pas à suivre le rythme imposé par Shmyrev, et ce dernier finissait par gagner facilement 15/5.
Le deuxième 1/4 de finale promettait d'être équilibré, puisqu'il opposait le spécialiste du sandpaper Richard Gonzales au 1/2 finaliste 2013 Chris Doran. Et c'est le Philippin qui entamait le mieux cette partie, enfermant son adversaire dans son jeu à base de défenses coupées du revers très variées, et d'attaques du coup droit rapides et bien placées, et il gagnait facilement la première manche 15/7. Pour s'en sortir, l'Anglais devrait varier son jeu en attaque et prendre plus l'intiative, ce qu'il fit dans le deuxième set, qu'il remportait 15/10. Mais il était difficile pour lui de maintenir le même rythme pendant la troisième manche, alors que Gonzales déroulait son jeu comme un métronome, et c'est ce dernier qui se qualifiait pour la 1/2 finale en gagnant la belle 15/10, laissant son adversaire très déçu par sa défaite.
Dans le troisième 1/4 de finale, Ilja Lupulesku rencontrait Andrew Baggaley. Petit avantage pour le premier qui avait atteint les 1/2 finales l'année dernière, alors que le parcours de Baggaley s'était arrêté en 1/4 de finale. Et de fait, "Lupu" avec son jeu tout en attaques placées prenait logiquement le meilleur sur Baggaley (15/9). La deuxième manche était à l'identique de la première, mais à la fin, Lupulesku relâchait un peu la pression, ce qui permettait à son adversaire de revenir à 14/14. Avec la règle spécifique du tournoi, on avait donc une balle de match pour l'un, et une balle de set pour l'autre. Et finalement, c'est Lupulesku qui marquait cet ultime point et se qualifiait lui aussi pour les 1/2 finales.
Le dernier 1/4 de finale était très attendu, puisqu'il permettrait de voir ce que ferait le meilleur classé ITTF du tournoi, Lubomir Pistej, face à un joueur visiblement très préparé pour cette compétition, Andrew Rushton. Dans le camp français, le Slovaque était le favori, mais depuis les poules, l'Anglais avait montré un mental à toute épreuve. Et c'est le plus fort mentalement qui l'emporta finalement, Rushton étouffant littéralement son adversaire par son jeu d'attaque en vitesse et en puissance, ne laissant aucun répit à celui-ci (15/12 15/8).


Richard Gonzales


Andrew Rushton

La première 1/2 finale opposait Maxim Shmyrev à Richard Gonzales. Comme d'habitude, le Russe imposait son rythme en première manche, et gagnait celle-ci sur le score de 15/7. Mais comme souvent, Gonzales se mettait dans le rythme au deuxième set, et selon son habitude, empêchait son adversaire de développer son jeu grâce à sa défense du revers, sans oublier de contre-attaquer du coup droit dès que l'occasion se présentait. Résultat : 15/9 pour lui, il était le troisième joueur du week-end à prendre un set au tenant du titre. Shmyrev aurait donc besoin de jouer un set de plus pour espérer défendre son titre. Ce qu'il fit de manière magistrale : incapable de suivre le rythme, le Philippin était éliminé sur le score de 15/8, non sans avoir enthousiasmé les spectateurs durant ces 2 jours.
Dans la deuxième 1/2 finale, difficile de savoir qui de Lupulesku ou de Rushton remporterait le match, l'expérience et le toucher de balle s'opposant à la fougue et à la vitesse. Dans le camp français, avantage à Lupulesku sur ce qu'il avait montré dans les parties précédentes, mais après avoir sorti Pistej, Rushton semblait capable de tout. Mais Lupulesku n'était pas Pistej, et son expérience du sandpaper (il avait atteint les 1/2 finales l'année dernière) et son jeu tout en finesse lui permettait de prendre facilement le meilleur sur Rushton (15/6 15/10), qui aura fait tout de même un excellent parcours.


Ilja Lupulesku

Nous voici donc arrivés à la finale de ce 3ème World Championship of Ping Pong. D'un côté : Maxim Shmyrev, vainqueur des deux précédentes éditions, bien préparé pour l'événement (un mois d'entraînement non stop !), et bien décidé à conserver sa couronne. De l'autre côté : Ilja Lupulesku, joueur d'expérience, international pendant plus de 20 ans (!), 1/2 finaliste l'année dernière, mais battu justement par Shmyrev. La partie se déroulera en 3 manches gagnantes, chaque joueur ayant droit à 2 doubles points pendant le match. Comme d'habitude, le Russe démarre fort dès la première manche, et s'impose 15/7 sans avoir laissé le temps à son adversaire de rentrer vraiment dans la partie. On pense que celui-ci prendra le rythme dans la deuxième manche, mais celle-ci est la réplique de la première : Shmyrev asphyxie à nouveau l'Américain, et gagne le set 15/8. "Lupu" n'a donc plus le choix : il doit gagner la troisième manche pour garder l'espoir de remporter la finale. Mais, malgré un relâchement en fin de manche qui permet à Lupulesku de revenir au score, Maxim Shmyrev remporte ce troisième set 15/12, et se trouve donc sacré Champion du Monde de Ping Pong pour la troisième fois consécutive.


Maxim Shmyrev


Champion du Monde de Ping Pong !

Que retiendra-t-on de ce 3ème WCPP ?

- Que Maxim Shmyrev confirme qu'il est le meilleur joueur mondial en sandpaper.
- Que ça n'est pas souvent qu'une compétition sportive se déroule dans un bâtiment victorien du XIXème siècle.
- Que la dotation n'a rien à envier au World Tours de l'ITTF.
- Que le niveau de jeu général du tournoi était beaucoup plus élevé qu'en 2013, grâce aux tournois de qualification qui ne gardent que les meilleurs, et qu'il sera certainement encore plus élevé l'année prochaine.
- Que l'organisation était digne d'un grand événement sportif international, grâce au travail de Matchroom Sport.
- Que ça n'est pas souvent que le tennis de table à droit à 11 heures de retransmission en direct à la télévision (même si c'est du sandpaper) .
- Que les conditions de jeu n'étaient pas toujours idéales en poules (aires de jeu trop petites, éclairage perfectible sur certaines tables).
- Que les Français s'en sortent plutôt bien, avec 2 joueurs qualifiés pour le tableau final.
- Et que je serai à nouveau là l'année prochaine pour encourager une délégation française encore plus forte qu'en 2014.

Crédits photos : Michael Loveder Photography
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